METHODE ANALYTIQUE ET GLOBALE

12/01/2013 07:03

Apprentissage analytique et apprentissage global 

 
Quelle est la différence entre apprentissage fractionné et apprentissage globale ? Doit-on apprendre la tâche dans sa totalité ou bien la fractionner en
plusieurs éléments qui, par la suite, seront réunis. Combien de temps faut il consacrer a l’apprentissage fractionne par rapport à l’apprentissage global.  
Dans un premier temps, nous définirons ce qu’est un apprentissage moteur, puis à laide d’exemples nous verrons l’apprentissage fractionnée avec ses avantages et inconvénients et enfin  l’apprentissage globale. Pour conclure nous verrons que le formateur, l’éducateur doit utiliser obligatoirement ces deux méthodes. 
 
Apprentissage moteur
 
La définition littérale de l’apprentissage moteur donnée par Jean Pierre FAMOSE est la suivante :  L’apprentissage moteur est  considéré comme un ensemble d’activités internes provocant un changement plus ou moins stable dans les performances du sujet. Famose souligne aussi que l’apprentissage est un processus mental qui est en interaction avec l’environnement.  Le rôle de l’entraîneur ou de l’éducateur sera de mettre en place des situations pour que le sujet développe ou améliore de nouveaux comportements.  
Voici deux méthodes d’apprentissage mises à disposition de l’éducateur ? 
 
L’apprentissage fractionné ou analytique
 
L’apprentissage analytique cherche à décomposer le mouvement  final de la tâche à apprendre. On a tous en tête l’image de l’élève couché sur un tabouret exécutant les trois mouvements de la brasse.L’apprentissage de la lecture par décomposition syllabique est aussi un exemple de cette méthode analytique. Il est vrai que certains sports sont extrêmement complexes pour le débutant tels que la gymnastique ou le saut à la perche.Il faut donc  décomposer la tâche en sous tâches. Le problème est que la somme des  ses sous tâches ne donne pas le geste technique dans son environnement. L’apprentissage de la natation hors de l’eau, pour reprendre l’exemple plus haut, ne peut pas se passer de l’élément liquide. Les repères visuels, tactiles,auditifs, kinesthésiques, ne sont pas les mêmes sur terre que dans l’eau. Il faut un apprentissage supplémentaire pour que le sujet arrive à additionner toutes ces sous tâches. La difficulté de cet apprentissage est de bien fractionner la tache à atteindre. Par exemple on peut diviser le saut à la perche en segments : course d’élan, planter de la perche et saut. Chacune de ses sous tâches peuvent être encore divisées. Cet apprentissage par décomposition du geste permet aussi aux athlètes revenant de blessure de ne travailler qu’une partie du geste, qu’un groupe musculaire ou de ne solliciter qu’une articulation pour éviter la sur blessure et permettre une rééducation adaptée.  Pour une tache qui fait appelle à une partie très complexe on  peut  fractionner l’apprentissage et ne travailler que cette partie. Dans  une  habileté  très rapide il ne faut pas fractionnée l’apprentissage. En effet le gymnaste qui apprend l’ATR, la rondade et la roulade, ne pourra pas enchaîner ces mouvements car le temps de transition est trop rapide. Il a souvent recourt a une méthode d’entraînement qui consiste a commencer par la fin : la sortie. Puis il rajoute le mouvement qui précède sa sortie et ainsi de suite pour arriver à la première figure. Pour une tâche très longue, par exemple le  foot, on fait appelle aussi à l’apprentissage fractionnée. Ce qui permet de faire participer le sujet sur les points les plus difficiles, les plus techniques(tir au but)pour plus tard les remettre dans son ensemble.   
 
 L’apprentissage global.
 
La méthode globale s’oppose à la méthode  analytique : cet apprentissage consiste à mettre le sujet en situation finale. Le lanceur de poids exécutera la totalité  du  geste, mais portera son attention sur un point précis par exemple la prise d’élan. La méthode analytique, il ne se borne aux  prises d’élan sans lancer son poids. Il en est de même pour l’apprentissage de la lecture. La méthode globale prend en compte tout le texte (on part du sens) puis on en retire des syllabes (des sons). Un autre exemple de cet apprentissage est la pédagogie de la découverte. Pour initier de jeunes enfants à l’optimist, je les mets en situation totale. Je les remonte au vent, leur donne des consignes de sécurité et de regroupement. Cela permet à l’enfant de découvrir la poussée du vent, l’équilibre et la trajectoire du bateau tout seul. Cet apprentissage n’apporte aucune réponse stéréotypée car chaque enfant agit comme il le veut. 
L'hébertisme est aussi un exemple de l’apprentissage global. C’est un sentier en forêt dont le parcours est parsemé d'épreuves et d'obstacles qui visent à développer certaines habiletés physiques comme l'équilibre, la force musculaire. Le sujet est seul et doit appréhender le vide. 
 
Conclusion
 
La méthode globale a le mérite de mettre en  situation le sujet. L’activité se pratique librement et permet de poser les problèmes liés à ce sport. Elle est souvent utilisée pour l’initiation et la découverte, quand l’environnement joue un rôle  important. A un niveau de pratique plus élevé, la technicité des gestes, l’étude de plus en plus fine de la tâche et la spécialisation des réponses, donnent lieu à une décomposition analytique de plus en plus précise.  
L’entraîneur devra jongler dans sa planification avec le global et l’analytique. La méthode globale permet de garder une motivation chez l’athlète alors que l’analytique tend à une démotivation par ses répétitions. 
La pédagogie choisie par l’entraîneur ou l’éducateur doit regrouper ces deux méthodes. 
(Louis DELASSUS)